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J’avais planifié une entrevue de plaignante dans le cadre d’une enquête sur inconduite sexuelle. Le matin de l’entrevue, j’ai reçu un courriel : la plaignante était malade et ne pouvait pas venir. Ces choses-là arrivent. On a reprogrammé.

Quelques semaines plus tard, le matin de l’entrevue reprogrammée, j’ai reçu un texto : il y avait une urgence familiale et ils devaient reporter à nouveau. Pas de problème.

Quand c’est arrivé une troisième fois, j’étais pas mal certaine qu’on faisait face à l’évitement. Le plaignant voulait participer à l’enquête, mais au moment de son entrevue, il ne se sentait pas capable d’aller jusqu’au bout et a annulé, espérant se sentir mieux préparé plus tard.

Il est courant que les personnes ayant vécu un traumatisme essaient d’éviter les situations et émotions qui pourraient être re-traumatisantes; en fait, l’évitement est un symptôme central du trouble de stress post-traumatique (TSPT) et des études ont montré qu’il va au-delà du simple fait d’éviter les rappels du traumatisme. Cette tendance à l’évitement peut amener une personne à ne pas vouloir vous parler de la question, même si c’est elle qui l’a soulevée au départ.   

Une partie centrale de notre rôle est de demander aux gens de raconter certains des pires moments de leur vie. Bien que nous prenions toutes les mesures possibles pour minimiser la re-traumatisation, le fait est qu’il sera toujours difficile de parler des expériences que nous devons examiner. Chacun traite le traumatisme différemment, et les participants peuvent avoir des relations différentes avec leur réponse au traumatisme. Mais prendre le temps d’informer le témoin sur ce à quoi il peut s’attendre de l’entrevue, sur les soutiens disponibles pour l’aider tout au long du processus, et sur son autonomie lors de l’entrevue pourrait l’aider à surmonter sa réaction d’évitement.

Quand j’ai contacté la plaignante pour reprogrammer son entrevue une troisième fois, je lui ai demandé s’il serait utile de revoir comment l’entrevue allait se dérouler. Comme ça, je pouvais répondre à toutes leurs nouvelles questions. Nous avons repensé à l’idée d’avoir une personne de soutien présente, et la plaignante a décidé d’en amener une. Je leur ai rappelé qu’ils contrôlaient l’entrevue, et qu’on pouvait s’arrêter à tout moment, même en plein entretien, pour faire une pause ou reporter à un autre jour. Nous avons pu reporter leur entrevue et réussir cette fois-ci.

Le traumatisme et ses impacts sont complexes. Parfois, les plaignants découvrent qu’ils ont besoin de quelque chose de différent de ce qu’ils pensaient au départ lors de l’enquête. Lorsque nous sommes à l’écoute des besoins des candidats et que nous pouvons être flexibles pour accommoder les changements, nous pouvons aider à rendre le processus plus fluide pour tous les participants.

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