Dans la première partie de ce blogue sur les pratiques d’enquête informées par les traumatismes, nous avons discuté des actions que les enquêteurs peuvent entreprendre pour créer des espaces sécuritaires et établir un lien avec les personnes interrogées en leur offrant autant d’autonomie que possible dans le processus d’enquête, en éliminant les surprises et en offrant la possibilité d’avoir une personne de soutien présente.
Dans ce blogue, nous allons examiner un peu plus de près les pratiques informées par le traumatisme lors des entrevues elles-mêmes.
Conseil #4 : Choisissez bien vos mots
La langue compte. Les mots que nous choisissons à chaque interaction jouent un rôle important dans la création de liens et de confiance avec les personnes que nous interviewons. Cela se manifeste de façons simples et complexes tout au long de nos enquêtes, et cela influence la façon dont les gens reçoivent nos interactions, ainsi que leur capacité ou leur volonté de partager leurs informations.
Un exemple simple : assurez-vous de désigner les gens comme ils souhaitent être appelés, que ce soit de façon informelle par leur prénom ou formellement par leur nom de famille, et bien sûr, toujours par leurs pronoms appropriés. De même, lors d’une entrevue avec un plaignant, assurez-vous de vous référer à l’intimé selon les souhaits du plaignant.
Un exemple complexe : formulez vos questions de la manière la plus neutre possible. Réfléchissez à savoir si votre formulation pourrait être perçue comme un jugement ou comme une remise en question des actions ou inactions de la partie.
Lorsque nous enquêtons sur des allégations d’inconduite sexuelle dans un milieu de soins de santé, il est crucial, pour notre compréhension des événements, de savoir ce que la plaignante portait pendant l’incident. Cette question pourrait être très contestée, étant donné la façon dont les vêtements des plaignants ont historiquement été utilisés pour suggérer leur faute dans des procédures criminelles. Il peut faire une grande différence de formuler la question sans mots ni intonation qui pourraient sembler jugeants, et de s’assurer que le plaignant comprend pourquoi nous posons la question.
Conseil #5 : Posez les questions difficiles
Nous devons souvent poser des questions difficiles lors de nos entrevues; La nature des enquêtes est de recueillir tous les détails pertinents et de clarifier toute incohérence. Nous pouvons grandement améliorer la façon dont les gens pourraient recevoir des questions difficiles en prenant le temps de préparer les candidats à ces questions et de les aider à comprendre pourquoi nous devons les poser.
Imaginons que vous vous apprêtez à poser des questions précises à un plaignant sur sa préoccupation. Un système informé du traumatisme pourrait ressembler à ceci :
- Vous dites au plaignant que vous devez maintenant lui poser des questions détaillées sur sa préoccupation; Maintenant, la plaignante a un moment pour se préparer mentalement aux questions difficiles.
- Vous dites au plaignant que vous comprenez que cela pourrait être difficile de discuter de ses préoccupations, afin qu’il puisse prendre des pauses quand il en a besoin; Maintenant, le plaignant sait qu’il a toujours de l’autonomie dans le processus d’entrevue.
- Vous dites au plaignant pourquoi vous devez poser les questions. Par exemple, « J’ai besoin de poser des questions précises maintenant pour m’assurer que nous comprenons pleinement votre préoccupation. Cela nous aidera (ou aidera le comité des enquêtes réglementaires) à prendre une décision éclairée concernant ces préoccupations. » Maintenant, la plaignante comprend mieux l’intention derrière vos questions.
Conseil #6 : Posez les questions difficiles... Doucement
Les entrevues informées sur le traumatisme commencent par laisser les interviewés raconter leurs histoires dans l’ordre et la manière qu’ils choisissent, mais cela ne mène souvent pas à l’histoire complète. Dans le but de pratiquer une approche informée du traumatisme, certains chercheurs demandent simplement aux candidats d’en dire plus sur leurs préoccupations, sans incitations détaillées ni questions de suivi. Cela peut entraîner des lacunes d’information qui rendent difficile de déterminer précisément ce qui s’est passé.
Notre rôle est de recueillir toutes les informations pertinentes, ce qui signifie souvent poser des questions détaillées sur des sujets difficiles. Mais nous voulons poser ces questions doucement, de manière sensible et informée sur le traumatisme. Nous voulons formuler nos questions de manière ouverte, neutre, sans jugement. Nous voulons adopter un ton « chaleureusement neutre », en évitant toute accusation ou condescendance, et nous voulons garder notre langage corporel ouvert, projetant une attitude calme et ouverte, avec les bras, les mains et le visage détendus.
Ne fuyez pas les questions difficiles; Ils vous mènent souvent au cœur du problème et déterminent s’il y a suffisamment d’informations pour prendre une décision éclairée. Mais réfléchissez à la façon dont votre façon de parler influence la personne en face de vous, et comment vous pouvez poser ces questions nécessaires doucement.
Un équilibre empathique
Une approche informée du traumatisme consiste à équilibrer les exigences rigoureuses d’une enquête avec la vulnérabilité potentielle de la personne devant vous. Rappelez-vous que chaque personne avec qui vous interagissez est une personne ayant un ensemble unique et complexe de besoins, de désirs et de défis, et que chaque personne interviewée mérite la dignité d’une enquête claire, impartiale et approfondie.


